Prendre son chien partout : et si on questionnait vraiment le bien-être ?
Dans le monde canin, une idée revient souvent : « Il faut l’emmener partout pour qu’il s’habitue » ou « C’est mieux pour lui d’être avec moi que de rester seul à la maison ».
Ces phrases partent souvent d’une bonne intention. Mais sont-elles toujours justes ?
Et surtout : pour qui est-ce vraiment confortable… pour le chien, ou pour l’humain ?
Habituation ou inondation ?
Habituer un chien à différents environnements est une excellente chose… quand cela se fait progressivement, avec respect et en tenant compte de ses capacités émotionnelles.
Mais emmener un chien partout, tout le temps, sans se poser de questions, peut rapidement devenir de l’inondation : trop de stimuli, trop vite, trop fort.
Un chien n’a pas besoin de savoir gérer :
- un bar bondé un vendredi soir,
- un festival avec musique et foule dense,
- une expo dans une école maternelle,
- un centre commercial avec lumières agressives et échos sonores.
Ce n’est pas de la socialisation, c’est souvent une tolérance forcée.
Le monde humain n’est pas (souvent) pensé pour les chiens
Nous sous-estimons souvent la perception sensorielle du chien.
- Le bruit : l’ouïe du chien est bien plus fine que la nôtre. Ce qui est « juste un peu bruyant » pour nous peut être une véritable agression pour lui.
- La foule : frôlements constants, odeurs intenses, mouvements imprévisibles.
- Les lumières : néons, reflets, mouvements visuels rapides.
- Les espaces étroits : impossibilité de se déplacer, de créer de la distance, de choisir.
Un chien calme et immobile n’est pas forcément un chien à l’aise. Il peut être figé, inhibé, résigné.
« Il vaut mieux qu’il soit avec moi que seul à la maison »
C’est une phrase très répandue. Pourtant, elle mérite d’être questionnée.
Un chien qui sait rester seul dans un environnement sécurisé, calme, enrichi (jouets, couchage confortable, routine rassurante, mastication) peut vivre un moment beaucoup plus serein que s’il est traîné dans un environnement saturé de stimuli.
On voit trop régulièrement des chiens qui, tirés au bout d’une laisse, ne savent pas où se mettre pendant que leur humain fait du lèche vitrine et passe du bon temps.
Trouver la juste balance
La question n’est pas : « Est-ce que je peux emmener mon chien ? »
Mais plutôt : « Est-ce que c’est bénéfique pour lui, ici et maintenant ? »
Quelques questions utiles avant d’emmener son chien :
- Le lieu est-il bruyant, bondé, confiné ?
- Mon chien peut-il se déplacer, se coucher, s’éloigner ?
- A-t-il déjà appris progressivement à gérer ce type d’environnement ?
- Suis-je prêt à partir s’il montre des signes d’inconfort ?
- Est-ce que je le fais pour lui… ou pour moi ?
Respecter les besoins individuels
Chaque chien est différent. Certains aiment la ville, d’autres la trouvent épuisante. Certains adorent accompagner partout, d’autres préfèrent le calme du foyer.
Le bien-être, ce n’est pas suivre une règle universelle.
C’est observer, écouter, adapter.
Prendre son chien partout n’est pas une preuve d’amour.
Choisir ce qui est le mieux pour lui, même si cela va à contre-courant, en est une.
